Commémorations
Table of Contents
- Une figure emblématique de la résistance féminine
- 1945 1er congres de l'UFF
- 1947 Journée internationnale des femmes
- 1947 2e Congrès de l'UFF
- 1955 Commémoration à Vistale (hameau de Piana)
- 1989 Inauguration du Ferry Danielle Casanova
- 1995 Soirée Théatre à la memoire de Danielle
- 2010 Discours d'Isaline Amalric - Ajaccio
- 2012 Portraits de femmes résistantes déportées au camp de Ravensbrück
- 2014 Qui est Danielle Casanova ? Réponses par les collégiens de Vitry
- 2015 Les bâtisseurs de mémoire
- 2019 Emission AltaFrequenza
Une figure emblématique de la résistance féminine

Louis Aragon lit un extrait de son poème Musée Grévin, écrit pour honorer les victimes de la déportation mais également pour honorer et accueillir les survivants qui reviendraient de l'enfer. Dans ce poème il évoque la mort de Danielle et de Maï Politzer :
Auschwitz ! Auschwitz ! Ô syllabes sanglantes !
Ici l'on vit, ici l'on meurt à petit feu.
On appelle cela l'extermination lente.
Une part de nos cœurs y périt peu à peuLimites de la faim, limites de la force
Ni le Christ n'a connu ce terrible cheminNi cet interminable et déchirant divorce
De l'âme humaine avec l'univers inhumain…Puisque je ne pourrais ici tous les redir
Ces cent noms, doux aux fils, aux frères, aux maris,
C'est vous que je salue, en disant en cette heure la pire,
Marie-Claude, en disant : Je vous salue Marie.Hélas les terribles semailles
Ensanglantent ce long été
Cela dure trop écoutez
On dit que Danielle et Maï...Les mots sont nuls et peu touchants.
Maï et Danielle…Y puis-je croire ?
Comment achever cette histoire ?
Qui coupe le cœur et le chant ?Je vous salue Marie de France aux cents visages
Et celles parmi vous qui portent à jamais
La gloire inexpiable aux assassins d'otages
Seulement de survivre à ceux qu'elles aimaient

« Les morts, ceux qui rentrent dans l'Histoire, perdent avec le temps leur chair, leur voix, leur regard. Ce que Danielle a donné à l'humanité c'est sa personnalité ; si on l'oublie l'humanité perd cet apport » Elsa Triolet - 1948

Des centaines de rues, avenues, boulevards, crèches et collèges, maisons de santé ont été baptisés de son nom après la libération.
« En France, Danielle devient une figure emblématique de la propagande en direction des femmes. Dans l’histoire elle devient l’incarnation de l ́Héroïne de la Résistance. L’utilisation d’un personnage héroïque permet aux organisations politiques d’exalter les valeurs constitutives du groupe, de donner une image valorisante de ses militants, de mobiliser ou de susciter l’action comme par exemple Danielle Casanova. Elle a donc fait l’objet d’un culte très intense, il semble que l’exaltation de sa mémoire répond à la nécessité de rendre hommage aux sacrifices des femmes résistantes, dont elle le symbole. Il faut souligner la signification du travail des femmes pour leur indépendance économique, l’autonomie dans la pensée, le développement de la conscience, l’engagement social, et l’encouragement de l’esprit de résistance» (source Gilzmer, 2003).
Parmi les divers monuments qui lui sont consacrés, il est possible de citer la statue de Romainville (Seine-Saint-Denis).
La statue est posée sur un haut piédestal, entre la mairie et l’église. La jeune femme semble avoir brisé ses chaines.
Tous les 10 mai des cérémonies commémoratives avaient lieu dans de nombreuses villes françaises.
Geneviève de Gaulle décrit le cheminement des héroines résistantes : « A un moment donné dans nos vies nous avons dit : ça je ne vais pas l'acepter, c'est quelque chose contre quoi je vais lutter, je vais me battre. (…) ce que nous avons en commun c'est l'inacceptable, donc un combat, donc un militantisme. Et nous avons accepté que ce militantisme nous coûte cher, que ce combat nous mette vraiment en danger de mort pour nous même et de souffrance pour ceux que nous aimons le mieux. Au mal absolu on ne peut opposer que la fraternité ; c'est ce que nous avons trouvé ensemble dans les prisons et dans les camps ; c'est cela que Danielle et Marie-Claude et bien d'autres ont eu en commun dans les camps. C'est cette fraternité qui dépassait tous les clivages. Danielle reste une héroine légendaire, (…) ce sont des figures exemplaires qui ont un rayonnement après leur mort ; on ne peut pas cesser d'en parler. Ce sont des gens qui par leur courage, leur force, leur noblesse ont été au- dessus, ont réussi à se surpasser, à se tenir debout. Danielle, c'est une femme qui s'est tenu debout. » in "Danielle Casanova : Au nom de toutes les autres" film de Marie Cristiani
1945 1er congres de l'UFF
Document consacré au premier congrès de l'Union des Femmes Françaises, qui s'est tenu en juin 1945 à la Mutualité. Crépitement, fièvres des journées d'après-guerre, des femmes du monde entier se croisent à la mutualité pour le 1er congrès de l'U.F.F. Un hommage est tout d'abord rendu à l'action des femmes durant la guerre, qui fait une large place aux femmes martyres : de grands portraits de Danièle Casanova et Berthie Albrecht sont placés derrière la tribune. Leur mot d'ordre : Plus jamais ça ! Après quoi, les déléguées françaises et étrangères posent les bases de leur action future, affirmant leur détermination à lutter pour l'égalité des droits avec les hommes, aussi bien dans le domaine politique qu'économique. Le document construit en trois parties nous montre dans un premier temps l'arrivée des déléguées (notamment soviétiques avec Ria Bova, pilote de bombardier, à l'aéroport d'Orly), l'installation du congrès dans la salle de la mutualité à Paris. Puis, autour du rapport d'orientation de Claudine Michaud sur les droits et devoirs des femmes, s'intercalent des images de reportage et d'archives. Enfin le film fait une large part aux délégations étrangères et à la dimension internationale du congrès fondateur de l'UFF. Puis les déléguées visitent les équipements sociaux et sanitaires des villes ouvrières.
Générique : CINÉ FRANCE présente Musique : Jean Wiener Commentaire : Cécile Didier Renée Simonot (Enregistré à Radio Cinéma) Montage : Simone Dauvillier Personnalités : Claudine Michaud, Georgette Cadras, Eugénie Cotton (présidente de l'UFF), Yvonne Dumont, Jeannette Prenant, Fernande Valignat, Camille Santucci, Emilienne Calicier, Rosette Augonnet, Joëlle Thomas, Ria Bova, Lise Ricol (Lise London), Pierre Villon Lieux : Aéroport d'Orly, Palais de la Mutualité, Arènes de Lutèce (où se déroule une fête rassemblant les délégations régionales et nationales), Villejuif (inauguration du dispensaire « Danielle Casanova »), Les Gobelins (où se tient une exposition sur la femme française au travail).
1947 Journée internationnale des femmes
Manifestation de femmes de place de la République à la statue de Jeanne d'Arc, le 8 mars 1947 (?). Ce document (muet) montre différentes vues du rassemblement : les gerbes et les drapeaux des délégations internationales (dont ceux de la délégation américaine), le salut de Jacques Duclos, les portraits de Danièle Casanova, le défilé devant la statue de Jeanne d'Arc, les pancartes de la Fédération démocratique internationale des femmes, les élues ceintes de leur écharpe tricolore, Jeannette Vermeersch et ses enfants, des manifestantes en tenue de déportées... La Journée internationale des femmes comprend de plus plusieurs plans d'Indochinoises, (allusion à la guerre d'Indochine). Lieux et monuments : Paris (place de la République, place et statue de Jeanne d'Arc, place de La Madeleine, place des Victoires). Personnalités : Jacques Duclos, Laurent Casanova, Jeannette Vermeersch et ses enfants, élues ceintes de leurs écharpes.
Lieux de consultation : Ciné-Archives, Archives françaises du film, Archives départementales de la Seine-Saint-Denis
1947 2e Congrès de l'UFF
Ce film expose le rôle indispensable des femmes dans la vie économique de la France, la vie de l'U.F.F durant l'année 1947, son fonctionnement et son journal, Femmes Françaises.
Après une évocation du travail des femmes (agriculture - traite des vaches et vendange -, textile, couture, enseignement, secrétariat, lingerie...) et un rappel de leur besoin en tant que mères (des crèches), ménagères (du pain) et citoyennes (un monde sans guerre, la solidarité avec les vieux travailleurs), ce film de propagande montre l'organisation et les manifestations de l'U.F.F durant l'année 1947 : le congrès du 25, 26, 27 et 28 mai, la fête de clôture au Vel' d'Hiv' (le 28 mai), la manifestation au cimetière du Père Lachaise, les locaux et le journal de l'U.F.F.
Ce deuxième congrès est présidé par Eugénie Cotton. Parmi les 2500 déléguées on relève la présence de femmes algériennes voilées, de nombreuses femmes en costume traditionnel : coiffes du Cantal, de Côte d'Or, d'Alsace, du pays Bigouden (Bretagne), tchadors... Il est précisé que les peuples d'Outre-Mer sont fidèles à l'Union Française, la paix au Vietnam est explicitement demandée. Benoit Frachon, au nom de la C.G.T., vient saluer le congrès (son incomplet).
En juin, une manifestation du souvenir se rend au Père Lachaise, derrière les portraits de Louise Michel (dont la mémoire associée à la Commune est exaltée), de Danièle Casanova, de Bertie Albrecht et de Rose Blanc. Devant le murs des Fédérés défilent Marie-Claude Vaillant-Couturier et Jeannette Vermeersch. Au Vel' d'Hiv' - présence d'Yvonne Dumont - 25 000 assistent à des spectacles de danse (danses classiques et danses indiennes et orientales). Sont ensuite présentés le foyer Danièle Casanova à Suresnes, le secrétariat de l'U.F.F (Eugènie Cotton, Françoise Leclerc, Claudine Chomat, Lise Ricol (Lise London), Jeanne Tétard (?), la Maison de l'U.F.F (12 bis de la rue d'Astorg) avec sa bibliothèque et ses rencontres du jeudi (réception de Claire Mafféi) et la rédaction de Femmes Françaises (Lise Ricol, Marianne Milon (?)).
Le journal Femmes Françaises - dont on voit plusieurs vendeuses de rue - est essentiellement présenté comme un « Journal féminin », même s'il est aussi « un journal de lutte ». Parmi les derniers plans, on relève le portait d'une femme mineur et celui d'une jeune asiatique. Femmes Françaises 1947, se situe à la charnière de la bataille de la production et des mouvements sociaux et politiques de l'après-guerre. Si le film affiche des positions favorables à l'Union Française il se montre à plusieurs reprises hostile à la guerre d'Indochine. De même, Femmes Françaises 1947 ne s'en prend pas au gouvernement, mais il proteste contre les problèmes de ravitaillement (pétition pour du pain) et le manque de crèches. Femmes Françaises témoigne également de la capacité du parti communiste à animer, après 1945, une organisation de masse à destination des femmes. Lieux et monuments : Paris (Père Lachaise, Vel' d'Hiv', rue d'Astorg), Saint-Denis (centre de raccommodage et colonie de vacances -lavoir et cuisine-), Suresnes (foyer Danièle Casanova).
Personnalités : Eugénie Cotton, Françoise Leclercq, Claudine Chomat, Lise Ricol (alias Lise London), Jeanne Tétard, Yvonne Dumont, Claire Mafféi (dans Antoine et Antoinette) Benoit Frachon, Rose Percelot (o?) (directrice de la colonie de Saint-Denis), Marie Périni (mère de Danièle Casanova), Jeannette Vermeersch.
Lieux de consultation : Ciné-Archives, Archives françaises du film, Archives départementales de la Seine-Saint-Denis
1955 Commémoration à Vistale (hameau de Piana)
1989 Inauguration du Ferry Danielle Casanova
Un Ferry portant son nom a été mis en service en 1989 pour assurer la liaison Corse Continent.
1995 Soirée Théatre à la memoire de Danielle
Lecture par Mariane Nativi et Catherine Graziani
2010 Discours d'Isaline Amalric - Ajaccio
« Ils ont voulu l'anéantir, ils l'ont rendue immortelle! , c'est ainsi que s'ouvrit en 1945 une cérémonie commémorant la mort de Danielle. Louis Aragon y lut un extrait de son poème Musée Grévin, écrit pour honorer les victimes de la déportation mais également pour honorer et accueillir les survivants qui reviendraient de l'enfer. Immortelle, Danielle l'a été pendant des dizaines d'années suivant la libération. Elle représentait toutes les autres femmes qui, avec courage et abnégation, se sont surpassées en surmontant leur peur pour sauver leur pays et leurs camarades. Danielle Casanova fut donc érigée, dès les mois qui suivirent sa mort, en icône majeure de la résistance. Elle reste une figure exceptionnelle parmi les nombreux héros corses, à l'image de Marie de Peretti morte en déportation à Ravensbruk.(...) Cependant dans les années 80 une longue plage de silence a suivi, reléguant aux oubliettes de l'histoire, une des héroïnes françaises les plus honorables. Le rejet de l'idéologie communiste y fut pour beaucoup. Or nous savons bien que les polémiques politiques ne peuvent occulter sans dommage les hauts faits de l'Histoire. Car le devoir de mémoire se situe bien au delà de tout esprit politique partisan. Il reste heureusement aujourd'hui quelques grands témoins de ces jours sombres : quelques compagnons de la libération, et des associations de déportés qui s'emploient sans relâche à entretenir la mémoire. Il en est de même des associations d'anciens combattants comme l'ANACR, Il en est de même également des Amis de la résistance qui perpétueront ce devoir de mémoire lorsque disparaitront les derniers témoins. En 2009, Année commémorative du centenaire de sa naissance, Danielle Casanova a été élevée au rang d'héroïne nationale. Une reconnaissance tardive et cependant méritée.» Extrait de
Un combat pour la mémoire reste désormais à mener : que le nom de Danielle Casanova soit enfin inscrit dans les pages des hommes et des femmes célèbres des dictionnaires !
2012 Portraits de femmes résistantes déportées au camp de Ravensbrück
Coorganisé par Aime le mot dit & Mille Bâbords
Réalisation : Frédéric Vidal Production : Aime le mot dit
Le tournage de ces 2 films a eu lieu lors du voyage de mémoire organisé par l’Amicale de Ravensbrück du 19 au 23 avril 2012.
Trajet #1 La mort qui crie
Marie-Jo Chombart de Lauwe, résistante et déportée en 1943 à l’âge de 20 ans, retourne sur les traces des lieux qui ont marqué sa déportation dans le camp de Ravensbrück : l’infirmerie et la chambre des enfants.
Née en 1923 à Paris, Marie-Jo Chombart de Lauwe a été arrêtée à Rennes le 22 mai 1942 à l’âge de 19 ans. Partie de Romainville le 26 juillet 1943, elle a été internée à Ravensbrück (Block 32 – NN), puis à Mauthausen où elle a été libérée par la Croix-Rouge le 22 avril 1945.
Trajet #2 La norme c’était la mort Noëlle Vincensini raconte son engagement dans la résistance et sa déportation dans le Kommando de travail de Neubrandenbourg. En accompagnant des jeunes sur les lieux de son passé, elle défend la nécessité de transmettre son histoire et de se révolter encore aujourd’hui.
Née en 1927 à Piedicroce (Corse), Noëlle Vincensini a été arrêtée en avril 1944 à Montpellier à l’âge de 17 ans. Partie de Paris le 4 juillet 1944, elle a été déportée à Ravensbrück et envoyée dans le Kommando de travail de Neubrandenburg. Elle s’est évadée pendant « la marche de la mort » en mai 1945.
2014 Qui est Danielle Casanova ? Réponses par les collégiens de Vitry
A l'occasion de l'exposition "Nom des équipements" qui se tient à la Maison de projets jusqu'au 15 juillet 2014, à Vitry-sur-Seine, les élèves du Collège Danielle-Casanova se sont penchés sur la personnalité de cette femme politique engagée du début du siècle dernier.
Film réalisé par la classe de 4ème F de Mme Fustin du collège Danielle-Casanova © Ali Mehidi - Ville de Vitry-sur-Seine
2015 Les bâtisseurs de mémoire
2019 Emission AltaFrequenza
alta-frequenza_2019.mp3
https://www.alta-frequenza.corsica/podcast/danielle-casanova-racontee-par-isaline-amalric-choury